Voici un lien vers mon Livre d'Or : n'hésitez pas à me faire part de vos impressions...
Prologue :
En des temps reculés, bien avant la naissance des nouveaux mondes et la création de l’alliance, régnait en permanence une guerre féroce entre les différentes créatures
vivantes. Le maléfique Skhérodar, autoproclamé Dieu, tenait toutes les terres de Lacknox sous l’oppression continue de ses fidèles armées et entretenait les querelles intestines entre
espèces.
Les habitants de ces terres, elfes, humains et soumfirs, vivaient dans des clans isolés, séparés par leurs langues,
mais également par leurs multiples coutumes, rejetées en bloc par les autres.
Les elfes parlaient une version
ancienne de la langue elfique que nous connaissons. Ils vivaient en communion avec la nature, dans des sortes de maisonnettes sculptées à même les arbres, ou dans des grottes aménagées, le plus
souvent en hauteur. Ils étaient généralement plus grands qu’un humain ordinaire, très minces et dotés d’une peau assez pâle. Leurs cheveux étaient longs et lisses, leurs oreilles allongées,
pointues sans paraître difformes, et on disait que leurs yeux en amandes pouvaient percer d’un regard l’obscurité des bois les plus profonds. Leur communauté était regroupée dans la forêt
d’Angebellion, au nord des terres de Lacknox.
Les humains cultivaient la terre, comme les elfes, mais chassaient et péchaient, ce que
ces derniers réprouvaient profondément. Ils vivaient dans des sortes de petits villages et pratiquaient le troc entre communautés humaines. Leurs maisons étaient de pierre, serrées les unes
contre les autres. Les animaux qu’ils élevaient étaient rassemblés en un unique troupeau, au centre de chaque village, et protégés par des palissades de
bois.
Les soumfirs étaient des créatures très étranges, humanoïdes puisqu’elles possédaient bras et jambes, quoique
fondamentalement dissemblables de l’humain en leur essence. Les soumfirs agissaient suivant les préceptes qui leur étaient selon eux donnés par les étoiles, et directement transmis à leur esprit,
qu’on disait supérieur. Ils avaient souvent des prémonitions par rapport à leurs actes quotidiens. Si un soumfir reposait précipitamment la cruche d’eau qu’il tenait à la main, c’était qu’il
avait vu qu’il casserait le verre. Une légende raconte même que la mère de Skhérodar, qui était à moitié soumfir, avait essayé de se tuer en se jetant d’une falaise, alors qu’elle n’avait que
quinze ans. Mais leur grande perspicacité et leur intelligence supérieure étaient diminuées du fait de leur très petite taille, pas plus d’un mètre pour les plus grands d’entre eux. Ils avaient
une peau extrêmement blanche, des yeux noirs, enfoncés dans leurs orbites et leurs cheveux, d’une blancheur extrême également, étaient constamment noués en une longue natte, reposant sur leur
épaule gauche, car tous les soumfirs étaient droitiers et tiraient à l’arc avec une grande précision. Leur communauté était faiblissante, du fait de leur fécondité très basse : une femme soumfir
avait rarement deux enfants, souvent un seul, voire pas du tout.
Chaque communauté réprouvait les contacts entre les différentes espèces et vivait de
manière à ne pas offenser les deux autres, tout en communiquant le moins possible.
Une année cependant, une jeune elfe, du nom de Galatée, célèbre pour sa beauté, et un jeune humain, Tarvos, appelé ainsi en raison de sa taille supérieure à la moyenne,
tombèrent profondément amoureux l’un de l’autre, lors d’une rencontre fortuite près d’une source. Les réactions des deux communautés furent immédiates et violentes : les amoureux furent séparés
par la force et les elfes emprisonnèrent à jamais Galatée, qui ne revit jamais ni son amant, ni la lumière du jour... Quelques mois plus tard, Tarvos, essayant de délivrer sa bien-aimée, fut tué
par un soldat elfique lors de sa ronde. Galatée, folle de douleur, mourut en mettant au monde deux enfants, un garçon et une fille, aux caractéristiques tous deux elfiques et d’une grande
ressemblance. Ces deux enfants furent enlevés la nuit suivante par deux hommes encapuchonnés et vêtus de noir, puis confiés séparément à deux couples, qui n’avaient pas d’enfant. Le premier
couple, humain, reçut la petite fille, qui fut prénommée Séléné. Le second couple, elfique, eut la charge d’élever Laomédon. Les parents adoptifs eurent pour consigne stricte de ne jamais révéler
aux enfants le peu qu’ils savaient sur leurs origines. Ils ignoraient qu’il y avait eu deux enfants, qui étaient exactement ces enfants, et ceux qui leur avaient confié cette tache. Ils savaient
simplement que le jour de leurs douze ans, deux hommes vêtus de noir reviendraient les chercher pour les emmener à jamais... Ici commence notre histoire.
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